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Dossier

L’Alsace en pointe pour les transferts de technologies

Le saviez-vous ? L’Alsace est la région française la plus performante en matière de recherche collaborative et de transferts de technologies. Et c’est à Conectus Alsace qu’il revient aujourd’hui de développer ces partenariats publics-privés qui associent les laboratoires de la recherche publique et les services R&D d’entreprises de pointe en tous domaines.

« À l’origine, nos universités rhénanes – Bâle, Heidelberg, Strasbourg … – ne connaissaient pas les frontières » rappelle Alain Beretz, le président de l’Université de Strasbourg (Unistra). « Et il y a bien longtemps que cet héritage de la Renaissance nous convie, comme chercheurs et universitaires, à dépasser sans cesse nos propres frontières internes. Nos grands esprits, et je pense notamment aux trois Prix Nobel qui ont choisi Strasbourg pour leurs travaux, ne se réfugient pas en dehors du système économique. Ils ont un vrai rapport à l’investissement et au développement économique ». Et Alain Beretz de souligner en écho que « la Fondation de l’Unistra est la fondation universitaire qui a le plus de succès en France auprès des entreprises donatrices. »

Conectus, lauréat des Investissement d’Avenir

Le développement de la recherche collaborative et, en corollaire, des partenariats privés publics ne date pas d’hier en Alsace. Et, la dynamique aidant, s’est imposé l’idée au début des années 2000 d’une sorte de guichet unique qui aurait pour objectifs d’investir dans la propriété intellectuelle et la maturation des innovations issues des laboratoires de recherche publique alsaciens. Avec également à la clé le développement et la gestion des contrats de partenariats, notamment industriels (hors laboratoires gérés par le CNRS).
Ce guichet, c’est Conectus, créé en 2006, qui deviendra Conectus Alsace en 2009, l’année de la fusion des trois universités strasbourgeoises en une université unique.

En 2011, Conectus Alsace est sacré 1er des cinq lauréats de l’appel à projet « Société d’Accélération de Transfert de Technologies » (SATT) lancé au titre du programme Investissement d’Avenir. Et officiellement reconnu comme tel – soit la 1ère SATT créée en France – le 16 janvier 2012, avec un budget de 35 millions d’€ et comme actionnaires la Caisse des Dépôts, le CNRS, l’École nationale du Génie de l’eau de Strasbourg, le Groupe de formation d’ingénieurs INSA, l’INSERM, l’Université de Haute-Alsace et l’Université de Strasbourg.

Nicolas Carboni, président de Conectus Alsace, esquisse un premier bilan : « L’Alsace est le seul territoire où on a consolidé la politique de transfert de technologies en confiant à un organisme spécifique – en l’occurrence Conectus – la gestion de la chaîne de la propriété intellectuelle, essentielle en matière de recherche. Quels que soient les laboratoires, toute nouvelle invention émergeant en Alsace est traitée par Conectus : gestion des brevets, maturation ou non du projet, accord de transferts entre labos et entreprises. C’est une démarche exemplaire ! »

Nicolas Carboni

Du techno push au market pull

Aujourd’hui, l’équipe de Conectus est composée d’une trentaine de personnes dont les deux tiers s’occupent de propriété industrielle, licensing et maturation. Les autres ont en charge tout ce qui touche à la recherche contractuelle.

« Nous sommes dans une logique d’optimisation » poursuit Nicolas Carboni. « On est passé d’une moyenne de traitement d’un dossier de 18 mois à 3 ou 4 mois. Mais notre plus gros défi au regard des volumes financiers en jeu, c’est de réussir à transformer du techno push, c’est à dire le chercheur dans son labo, en market pull, via ou non la maturation du projet. »

Un exemple ?  Prenons un dispositif médical implantable en cours de développement. Le chercheur qui a travaillé sur le projet a fait (faire) la batterie des tests de résistance mécanique indispensables selon lui. Mais l’industriel va considérer que ce ne sont pas les bons tests au regard des exigences de production. Dans le même esprit, un candidat travaillant sur un nouveau médicament va tester sa molécule sur un modèle animal x, au risque d’entendre l’industriel lui répondre que ce n’est pas le modèle ad hoc en termes de référence animale.

C’est dire l’importance du Fonds d’investissements pour la maturation, d’un montant global de 5 millions d’€, dont 50% sont consacrés aux tests et confiés à des sociétés spécialisées, la plupart du temps des PME françaises.

Un niveau historique d’investissements dans la recherche publique

«  Le programme technique qui charpente la maturation est donc co-conçu, ce qui donne tout son sens à l’idée de recherche collaborative. Mais l’entreprise, partenaire potentielle du développement industriel, n’a pas à supporter le risque financier et technique » précise Nicolas Carboni. « Le principe est le suivant : vous nous aidez à concevoir les test et vous récupérez la technologie. Si ça ne marche pas, Conectus assure seul le risque financier. C’est indispensable pour créer la confiance, nécessaire à tout partenariat public-privé ».

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